Association Noir & Blanc, ONG médicale franco-africaine spécialiste de la drépanocytose

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Tare S ou Trait drépanocytaire ? Version imprimable Suggérer par mail
22-06-2006

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Tare S ou Trait drépanocytaire ?  Une réalité biologique qui ne prête pas à confusion. Un coup de gueule du Dr Jean Fidèle Kaluila.

Dans la nomenclature moderne de la maladie drépanocytaire, il est actuellement recommandé de parler des syndromes drépanocytaires, soit majeurs, soit mineurs. Un syndrome drépanocytaire est dit majeur quand il s’exprime par un état morbide caractéristique alors qu’un syndrome drépanocytaire mineur reste généralement asymptomatique.

Les formes homozygotes SS et les hétérozygotes composites comme SC, Sthal, Sthal expriment une drépanocytose maladie, alors que les personnes hétérozygotes AS sont considérées comme des « porteurs sains » qui transmettent la maladie sans en souffrir, sauf si elles se retrouvent dans certaines conditions d’hypoxie sévère. Ici le trait drépanocytaire est donc « silencieux » et ne gène nullement son porteur. Au contraire.

En Afrique, et surtout au Sénégal, la notion de « tare S » a été utilisée par les médecins coloniaux militaires dans un but politique qui cherchait à apporter la preuve biologique que le trait drépanocytaire, caractéristique des populations noires, différencier le statut biologique du colonisé noir de celui du colonisateur blanc non porteur du trait.

Le trait drépanocytaire étant à la base de la naissance d’enfants malades dans la population noire, il était donc facile de considérer que, même asymptomatique, le trait drépanocytaire était en fait, un statut biologique négatif qui dégradait la qualité de la « race noire » alors que le blanc colonisateur en était totalement épargné.  Quel eugénisme malsain et maladroit

Peut-on aujourd’hui définir encore la Drépanocytose comme une maladie essentielle-ment confinée aux populations noires et le trait drépanocytaire comme une tare ? Notre réponse est NON.

Ceci n’est plus aujourd’hui considéré comme une vérité scientifique, car des cas de drépanocytose autochtone ont été décrits dans certains pays européens du bassin méditerranéen (1). Peut-on qualifier de tare ces cas autochtones d’Europe du Sud ? Ou bien faut-il réserver ce terme péjoratif aux seuls cas Africains ?